Plus de 30.000 personnes se sont réfugiées à Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno, dans le nord-est du Nigeria, depuis le 20 décembre, suite à une recrudescence des combats entre l’armée nigériane et le groupe jihadiste de Boko Haram, ont annoncé mercredi les Nations unies.

« Plus de 30.000 déplacés sont arrivés à Maiduguri ces dernières semaines, majoritairement de Baga », ville dont Boko Haram a temporairement pris le contrôle, a révélé l’ONU dans un communiqué, parlant d’une « tragédie humanitaire », alors que les chiffres officiels donnaient jusqu’à présent seulement quelques milliers de déplacés.

« Les Nations unies sont extrêmement inquiètes des conséquences des violences sur les populations civiles, dans le nord-est du Nigeria, particulièrement dans l’Etat du Borno », coeur du conflit qui ravage le pays depuis près de dix ans, a dénoncé Edward Kallon, coordinateur de l’ONU pour le Nigeria, après une visite dans les camps.

« Quelque 260 travailleurs humanitaires ont été obligés de quitter les districts de Monguno, Kala/Balge et Kukawa, zones affectées par le conflit depuis novembre, mettant en péril l’assistance humanitaires pour des centaines de milliers de personnes », regrette M. Kallon.

On estime qu’1,8 million de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer dans la région du Lac Tchad. Le conflit a fait plus de 27.000 morts depuis 2009.

Le président nigérian Muhammadu Buhari, qui avait régulièrement affirmé depuis décembre 2015 que l’insurrection jihadiste était « techniquement vaincue », a reconnu lundi que l’armée essuyait des revers dans sa lutte contre Boko Haram.

Les insurgés multiplient leurs attaques depuis six mois, notamment contre les bases militaires, et ont tué des dizaines, voire des centaines de soldats. Les militaires nigérians ont récemment posté de nombreuses vidéos sur les réseaux sociaux se plaignant de leur très mauvaises conditions de vie et de leur équipement hors d’usage.

La prise temporaire de la ville de Baga le 27 décembre est une nouvelle démonstration de force: en quelques heures, les assaillants ont mis en déroute les 500 à 600 soldats de la Force multinationale mixte (MNJTF), composée d’unités du Nigeria, du Niger, du Tchad et du Cameroun.

Mardi, le gouverneur de l’Etat du Borno s’est rendu à Monguno où, théâtralement, il a pleuré sur les victimes du conflit implorant de l’aide au gouvernement fédéral.

Le président Muhammadu Buhari, qui est candidat à sa propre succession pour les élections générales du 16 février prochain, avait été élu en 2015 sur la promesse d’éradiquer le groupe jihadiste et cette récente recrudescence des attaques est un sévère camouflet pour le chef de l’Etat, ancien général.

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