France: l’heure du jugement sur le volet corruption au procès Balkany

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Villas exotiques et sociétés-écran: déjà condamnés pour fraude fiscale, Patrick Balkany, figure de la droite française et maire de Levallois-Perret près de Paris, et son épouse seront fixés vendredi sur leur sort dans le second volet de leur procès pour « blanchiment à grande échelle » et pour « corruption ».

Le 13 septembre, ce proche de l’ex-président Nicolas Sarkozy a été condamné à quatre ans de prison ferme pour fraude fiscale et à 10 ans d’inéligibilité.

Il dort depuis en prison à Paris. Il avait immédiatement fait appel, mais comparaîtra détenu vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris, l’examen de sa demande de mise en liberté n’étant prévue que mardi.

Son épouse et première adjointe Isabelle Balkany, 71 ans, qui n’avait pas assisté au procès après une tentative de suicide début mai, a été condamnée le 13 septembre à trois ans ferme mais sans incarcération immédiate. Elle a aussi interjeté appel. Quelques heures après le premier délibéré, elle avait repris les rênes de la mairie de Levallois-Perret.

Le second jugement attendu vendredi s’annonce encore plus risqué pour Patrick Balkany, qui n’a eu de cesse de se poser en « fraudeur passif », simple héritier des lingots paternels.

Pour blanchiment et corruption, le parquet national financier français (PNF) a requis contre lui sept ans de prison, son incarcération immédiate, dix ans d’inéligibilité et la confiscation de tous ses biens. Et contre Isabelle Balkany, quatre ans avec sursis et 500.000 euros d’amende.

Le couple est soupçonné d’avoir caché 13 millions d’euros d’avoirs au fisc entre 2007 et 2014, notamment deux somptueuses villas, Pamplemousse aux Antilles et Dar Guycy à Marrakech.

Au fil des audiences, ils avaient concédé quelques « fautes ». Mme Balkany avait, pendant l’instruction, admis avoir acquis grâce à un héritage familial la villa antillaise en 1997, via une société constituée au Liechtenstein par une fiduciaire suisse.

Le couple a en revanche toujours nié détenir le riad, acquis en janvier 2010 par une SCI marocaine, elle-même détenue par une société-écran panaméenne aux titres au porteur. Et ce, en dépit des peignoirs brodés aux initiales « PB », des livres dédicacés, des meubles payés par Isabelle Balkany.

Dans son premier jugement, le tribunal considère que les Balkany auraient dû déclarer les deux villas: il considère donc déjà le riad marocain comme leur propriété.

L’accusation affirme que Patrick Balkany s’est fait offrir cette villa par le milliardaire saoudien Mohamed Al Jaber en échange de délais de paiements pour les Tours de Levallois, un juteux projet immobilier qui n’a finalement pas abouti.

S’ils se sont écharpés à l’audience, Patrick Balkany et Mohamed Al Jaber se sont accordés pour nier tout « pacte de corruption ».

Le PNF voit au contraire un « lien incontestable entre l’acquisition de la maison et le contrat immobilier de Levallois ».

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