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lundi, juillet 26, 2021

Changer la Constitution pour rester au pouvoir, une pratique courante en Afrique

Le projet de nouvelle Constitution du président guinéen Alpha Condé vise, selon l’opposition, à lui permettre de briguer un troisième mandat, un procédé utilisé par de nombreux chefs d’Etat africains avant lui pour se maintenir au pouvoir.

– Tentatives réussies –

– COMORES: en 2018, un référendum constitutionnel a renforcé les pouvoirs du président Azali Assoumani, l’autorisant notamment à accomplir deux mandats au lieu d’un. Il a été réélu en mars 2019, lors d’un scrutin entaché de fraudes selon des observateurs internationaux.

– RWANDA: fin 2015, les Rwandais ont voté massivement en faveur d’une révision de la Constitution permettant à Paul Kagame de se présenter pour un nouveau mandat en 2017 et de potentiellement diriger le pays jusqu’en 2034.

– CONGO: une nouvelle Constitution adoptée lors d’un référendum controversé en 2015 a fait sauter les verrous qui interdisaient à Denis Sassou Nguesso de briguer un troisième mandat: la limite d’âge et celle du nombre des mandats. Il a été réélu en mars 2016.

– BURUNDI: en 2015, la candidature de Pierre Nkurunziza à un troisième mandat a plongé le pays dans une grave crise. En mai 2018, les Burundais ont approuvé par référendum une réforme de la Constitution permettant à M. Nkurunziza de rester en poste jusqu’en 2034. Mais celui-ci a surpris en assurant qu’il ne serait pas candidat à sa succession en 2020.

– ZIMBABWE: une nouvelle Constitution approuvée par référendum en 2013 a permis à Robert Mugabe de se porter candidat à la présidentielle, qu’il a remportée. Mais il a été contraint à la démission en novembre 2017, après 37 ans de règne. Il est mort en septembre dernier à 95 ans.

– DJIBOUTI: en 2010, le Parlement, entièrement acquis à la cause d’Ismaël Omar Guelleh, a adopté une révision constitutionnelle supprimant toute limitation du nombre de mandats présidentiels. Au pouvoir depuis 1999, Omar Guelleh a pu briguer de nouveaux mandats en 2011 et 2016.

 

– ALGERIE: le Parlement a supprimé en 2008 la limitation à deux mandats présidentiels en plébiscitant un projet de révision de la Constitution. Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, a été réélu en 2009 puis en 2014. Il a toutefois démissionné en avril 2019 sous la pression d’une contestation inédite.

– CAMEROUN: l’Assemblée a adopté en 2008 une révision constitutionnelle supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels. Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, a été réélu pour un septième mandat en octobre 2018.

– OUGANDA: une réforme de la Constitution a supprimé en 2005 toute restriction du nombre de mandats pour le chef de l’Etat. Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, a été réélu en 2006, 2011 et 2016.

– TCHAD: en 2005, une révision constitutionnelle adoptée lors d’un référendum controversé a supprimé la limitation à deux quinquennats présidentiels. Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 1990, a été réélu en 2006, 2011 et 2016.

– TOGO: en décembre 2002, un amendement à la Constitution a fait disparaître la limite de deux mandats présidentiels, permettant à Gnassingbé Eyadéma, au pouvoir depuis 1967, de briguer un nouveau mandat en 2003. En 2015, son fils, Faure Gnassingbé, qui lui avait succédé après son décès en 2005, a été réélu pour un troisième mandat.

– Tentatives avortées –

– BURKINA FASO: la volonté de Blaise Compaoré de modifier la Constitution afin de briguer un nouveau mandat après plus de 27 ans de pouvoir a été à l’origine du soulèvement populaire qui l’a contraint à l’exil, fin octobre 2014.

– ZAMBIE: Frederick Chiluba a vainement essayé en 2001 de changer la Constitution pour pouvoir briguer un troisième mandat, mais a dû y renoncer sous les protestations de l’opinion.

– MALAWI: le Parlement s’est opposé en 2002 à ce que Bakili Muluzi brigue deux ans plus tard un troisième mandat, auquel l’opposition et les Eglises étaient hostiles.

– REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: le maintien au pouvoir de Joseph Kabila après la fin de son second mandat fin 2016 a provoqué une crise politique émaillée de violences. Après trois reports de l’élection présidentielle depuis 2016, l’opposant Félix Tshisekedi lui a succédé en janvier 2019.

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