Pakistan : trois membres d’un mouvement de droits civiques tués par l’armée

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Trois manifestants d’un mouvement de droits civiques ont été tués dimanche par l’armée dans le nord-ouest du Pakistan, près de la frontière afghane, ont annoncé les militaires.

Le Mouvement de protection pachtoune (PTM), qui manifestait, est très critique envers l’armée et appelle les forces de sécurité à mettre un terme aux disparitions forcées et aux exécutions extra-judiciaires dont les membres de cette ethnie sont selon lui victimes.

Les députés Mohsin Dawar et Ali Wazir menaient la marche près d’un poste de contrôle militaire à Boyya, dans le district tribal du Nord Waziristan, quand des échauffourées se sont produites.

« Dans un échange de tirs, trois individus qui ont attaqué le poste ont perdu leur vie et dix ont été blessés », a déclaré la puissante armée pakistanaise dans un communiqué.

« Ali Wazir a été arrêté avec huit autres individus alors que Mohsin Dawar est en liberté après avoir harangué la foule », d’après ce texte.

L’armée assure que les manifestants avaient pris d’assaut le checkpoint, alors que Mohsin Dawar affirme que les militaires ont tiré sur la foule alors que celle-ci l’avait dépassé.

« D’abord ils ont tiré en l’air, puis directement sur nous », a raconté le parlementaire à la radio Voice of America. « Nous n’avions pas d’armes », a-t-il ajouté.

L’armée a mis en garde à plusieurs reprises le PTM, qu’elle dit à la solde de services de renseignement étrangers.

« Le temps est écoulé » pour le PTM, a déclaré fin avril le général Asif Ghafoor, porte-parole de l’armée pakistanaise. « Nous sommes conscients de leur peine, de leurs difficultés, mais (ils) ne devraient pas franchir ces lignes (au-delà desquelles) l’Etat doit user de la force pour contrôler la situation », avait-il averti en décembre.

Le PTM, apparu il y a un an, accuse les militaires de violations des droits des Pachtounes – lesquels représentent environ 15% de la population pakistanaise -, dans un pays où critiquer l’armée s’apparente à une ligne rouge à ne pas franchir.

« Le PTM continuera son combat non-violent et constitutionnel », a tweeté Manzoor Pashteen, le porte-parole du PTM.

L’incident de dimanche est survenu dans le Nord Waziristan, un district tribal à la frontière afghane, majoritairement peuplé de Pachtounes. Les talibans et Al-Qaïda y ont longtemps opéré en toute impunité, avant que l’armée pakistanaise ne mène plusieurs opérations et les en chasse.

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