Les États-Unis espèrent que la levée mi-novembre par l’ONU des sanctions contre l’Érythrée permettra aux deux pays d’améliorer leurs relations, a indiqué vendredi Tibor Nagy, le secrétaire d’État américain adjoint aux affaires africaines.

« Nous aimerions avoir le même genre de relations positives avec l’Érythrée que nous avons avec l’Éthiopie », un allié clé des États-Unis, a déclaré M. Nagy, lors d’une conférence de presse à Addis Abeba.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a levé le 14 novembre les sanctions en vigueur contre l’Érythrée depuis 2009 pour son soutien présumé aux jihadistes en Somalie, et qui comprenaient notamment un embargo sur les armes, des interdictions de voyage et des gels d’avoirs.

Cette décision fait suite à l’accord de paix historique signé en juillet par l’Érythrée et l’Éthiopie, après 20 ans de conflit larvé, et au réchauffement de ses relations avec Djibouti.

Les relations entre Washington et Asmara, dont le gouvernement est accusé de graves violations des droits humains qui ont poussé de très nombreux Érythréens à l’exil, ont longtemps été houleuses.

En septembre, M. Nagy, qui doit se rendre dans les prochains jours à Asmara, avait proposé au Congrès américain de ne soutenir une levée des sanctions qu’en cas de réformes politiques en Erythrée.

Il s’était notamment inquiété de la détention continue de citoyens américains et d’employés érythréens de l’ambassade américaine à Asmara, ainsi que d’achats d’armes par l’Érythrée à la Corée du Nord documentés par l’ONU.

Mais les États-Unis avaient finalement décidé de soutenir la levée des sanctions, un changement de position attribué par les diplomates à John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, qui avait eu à gérer la guerre entre l’Éthiopie et l’Érythrée quand il était ambassadeur à l’ONU.

Ancienne province de l’Éthiopie, l’Erythrée a déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire deux ans plus tôt.

La démarcation de la frontière a ensuite provoqué en 1998 un conflit de deux ans qui a fait des dizaines de milliers de morts, avant de se terminer par plus de quinze ans de guerre froide, l’Éthiopie refusant de se plier aux recommandations des Nations unies concernant le tracé de la frontière.

L’arrivée au pouvoir en Ethiopie en avril du Premier ministre Abiy Ahmed, un réformateur âgé de 42 ans, a changé la donne et permis la signature de l’accord de paix.

Ce rapprochement a laissé espérer une ouverture politique en Erythrée, où sont emprisonnés de nombreux opposants et où la population est soumise à une conscription obligatoire et illimitée.

Mais Asmara n’a encore effectué aucun de ces changements. « Est-ce que tout est absolument parfait avec l’Érythrée? Non. Les États-Unis continuent à avoir des problèmes non résolus avec l’Érythrée », a convenu M. Nagy.

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