Le Nigeria autorise l’Unicef à reprendre ses opérations dans le nord-est

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L’armée du Nigeria a autorisé vendredi soir l’Unicef à reprendre ses opérations dans le nord-est du pays, suspendues la veille car l’organisation onusienne était soupçonnée d’avoir des membres espions de l’insurrection jihadiste de Boko Haram.

La décision est consécutive à « l’intervention de Nigérians bien intentionnés et préoccupés » par l’arrêt de l’aide dans cette région appauvrie par un conflit meurtrier, a indiqué l’armée dans un communiqué.

Son porte-parole, Onyema Nwachukwu, a indiqué qu’une réunion vendredi matin avait été l’occasion de détailler auprès de l’organisation d’aide à l’enfance ce que les forces armées attendaient d’elle.

L’armée « a vivement conseillé aux représentants de l’organisation de cesser les activités hostiles à la sécurité nationale du Nigeria et propres à saper le combat actuel contre le terrorisme et la rebellion », a-t-il expliqué.

« L’état-major a également exhorté les représentants de l’Unicef à s’assurer qu’ils partageaient avec les autorités compétentes les renseignements concernant tout recrutement ou formation de nouveau personnel sur le terrain », a-t-il ajouté.

L’insurrection de Boko Haram a fait plus de 27.000 morts et 1,8 million de déplacés dans le nord-est du Nigeria depuis 2009, provoquant une très grave crise humanitaire dans la région du lac Tchad.

L’armée avait accusé jeudi l’Unicef d’avoir dispensé à Maiduguri (nord-est) mercredi et jeudi des formations à des activités « clandestines » qui « sabotent » le contre-terrorisme nigérian.

« Il y a des renseignements crédibles selon lesquels certains [travailleurs de l’Unicef] se livrent à des pratiques nuisibles (…) en formant et en déployant des espions qui soutiennent les insurgés et leurs sympathisants », accusait le porte-parole de l’armée.

L’ONG Amnesty International avait dénoncé une accusation « absurde », destinée à « intimider les organisations humanitaires internationales », et qui allait priver le Nigeria « de l’aide humanitaire dont ont besoin ceux dont la vie a été dévastée par le conflit avec Boko Haram ».

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