Ray Kelvin, le fondateur et directeur général de l’enseigne britannique de prêt-à-porter Ted Baker, a démissionné lundi à la suite d’accusations de harcèlement sexuel, a annoncé la société dans un communiqué.

En décembre 2018, Ray Kelvin s’était mis en congé de ses fonctions après une série d’accusations de harcèlement, évoquant des « câlins » imposés à des employées, des massages et des demandes formulées à des salariées pour qu’elles s’assoient sur ses genoux.

« A la lumière des allégations portées contre lui, Ray a décidé qu’il était dans l’intérêt de la société de démissionner, de manière à ce que l’entreprise puisse aller de l’avant », a déclaré David Bernstein, le directeur exécutif.

Tout en rejetant les accusations, Ray Kelvin a estimé que démissionner était « la bonne chose à faire ».

« Ces derniers mois ont été très éprouvants, et je vais maintenant prendre le temps de discuter en privé avec ma famille de ce que sera ma prochaine aventure », a-t-il déclaré.

Au sein de l’entreprise, un comité a été mis sur pied, avec la participation d’un cabinet d’avocats, pour enquêter sur ces allégations.

« Il avait l’habitude de prendre les gens dans ses bras, plutôt que de leur serrer la main », a expliqué, sous couvert d’anonymat, un salarié de Ted Baker à la BBC, décrivant des « câlins imposants physiquement, tellement longs qu’ils étaient embarrassants ».

« Il n’y avait rien de fondamentalement mauvais à ces câlins mais le malaise venait de ce qui les accompagnait: des commentaires personnels non désirés, des baisers sur la joue, des caresses au cou. Et cela se passait particulièrement avec des femmes », a-t-il ajouté.

L’entreprise a précisé que Ray Kelvin « n’aura droit à aucun paiement de salaire ou avantage social » suite à sa démission. Il sera remplacé par Lindsay Page, qui assurait déjà ses fonctions depuis décembre.

David Bernstein a lui été nommé directeur exécutif, pour seconder Lindsay Page dans ses fonctions au sein de la marque milieu de gamme à l’image assez jeune.

« Au sein du conseil d’administration, nous sommes engagés à faire en sorte que tous les employés se sentent respectés et valorisés », a déclaré David Bernstein. « Nous sommes déterminés à tirer les leçons de ce qui s’est passé ».

D’autres patrons, à l’image de Philip Green, du groupe de distribution Arcadia, ont été mis en cause pour des actes de harcèlement sexuel ces derniers mois dans la foulée du mouvement #MeToo, mais M. Kelvin est l’un des premiers à devoir céder sa place.

Cotée à la bourse de Londres, la société Ted Baker comptait 544 magasins selon les chiffres publiés en août, dont 201 au Royaume-Uni, 110 en Europe et 108 en Amérique du Nord.

Son action affichait une hausse de 2,70% lundi en début de séance dans un marché en faible progression.

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